Voilà une fort bonne idée… si cette réforme avait été appliquée par un gouvernement de gauche, instaurant l'égalité des chances, renforçant le personnel enseignant pour que chaque enfant évolue à son rythme, mettant en place des structures d'accueil avec du personnel formé et compétent, favorisant la réduction du temps de travail des parents…

Seulement voilà:

- notre gouvernement choisit de privilégier les cadeaux somptueux au patronat (40 milliards cette année)

- d'amputer largement les dotations aux collectivités locales (- 11 milliards d'ici 2017), plaçant les municipalités en situation extrêmement périlleuse.

- après la suppression de près de 100 000 postes dans l'Education Nationale (sous Sarkozy et Chirac) et malgré ses engagements de campagne il en recrée péniblement 1 000.

Les classes surchargées sont le lot de nombreuses écoles et ces prétendues "réformes" ne sont qu'un enfumage destiné à masquer cette réalité.

Cerise sur le gâteau cette situation est gérée à Chambéry par une municipalité de droite qui privilégie la vidéo surveillance et l'embauche de policiers municipaux à la création de postes d'animateurs formés et compétents pour accueillir nos enfants.

Pire, jusqu'ici les écoles n'ont pas vu la couleur des aides de l'Etat de 50€ par enfant versées à la municipalité et destinées à lancer les activités périscolaires.

Ces mêmes élus, il n'y a pas si longtemps, défilaient au nom de la protection de la famille et des enfants, bonjour l'hypocrisie!

Le résultat est affligeant:

- Les enfants que les parents ne peuvent pas récupérer à 16h00 sont condamnés à rester, pour certains jusqu'à 18h00, dans leur école avec  des activités de garderie.

- après un mois de classe certains enfants, notamment les plus petits, contraints de se lever une matinée de plus, sont déjà épuisés.

- les ATSEM (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles) se voient chargés des activités périscolaires (APS) pour, à certains endroits, une 50aine d'enfants, sans locaux adaptés, sans moyens matériels et avec des moyens humains en nombre insuffisant, entrainant une surcharge de travail.

- Il arrive que ce soient des personnels d'entretien qui récupèrent en fin d'après-midi, 1h durant, des enfants du primaire!

En conclusion, la désorganisation règne, soumettant toutes les personnes concernées par cette "réforme": enfants, familles, enseignants, agents des collectivités locales employés dans les écoles, animateurs…à des rythmes stressants et une insatisfaction du travail mené.

Un collectif de lutte contre cette "réforme", regroupant l'ensemble des personnels concernés, s'était constitué l'an dernier et en avait parfaitement dénoncé les risques et les enjeux. Nous lui apportons notre soutien et, après un premier bilan de la situation, nous nous engagerons à leurs côtés pour faire avancer les mesures urgentes à prendre.

Quand la droite et le parti socialiste conjuguent leur effort, adieu le service public!